jeudi 10 décembre 2009

Grosse fatigue

Il est là. Désemparé.


La pression monte, son moral et son envie descendent.


Ma présence ne le rassure pas.

Comment faire pour l'aider, lui qui ne veut que trop d'aide, mais pas assez en même temps.

Je m'inquiète, je suis ailleurs. Je ne suis plus ici, pas encore là bas.

Il aurait besoin de signes forts, que je ne peux pas lui offrir pour le moment. Je ne suis pas prêt.



Il a peur. Il a peur. Il doute. Son monde est construit, mais mal. Son monde tourne, mais trop vite ou trop peu. Il a besoin de se concentrer. Mais il a besoin de s'épanouir. Il est triste.

Et je ne sais pas le consoler.

lundi 26 octobre 2009

Le plus beau métier du monde

Parfois, je me demande si je ne suis pas fou.

Ce métier m'a pris, m'a emporté à des lieues de la raison, à des lieues du bon sens, à des lieues de l'innocence.

D'enfants turbulents aux classes calmes, on flotte entre deux eaux, entre richesses du métier et désespoirs.
Entre rires et larmes, on avance de jour en jour, tiré par ces vacances qui se profilent, notre échappatoire, notre répit.

Et parfois, la réalité nous échappe. Eux aussi nous échappent. On ne les maîtrise plus. On les craint.

Ils n'ont que 6 ans.

Et on monte dans sa voiture, pour les voir. Un éclair. Retour à la maison. Incapable de les assumer. On craint pour soi.

Sentiment de culpabilité.
"Mais c'est mon métier".
Pas la vie.

C'est aussi ça, ce métier.

Rongé de culpabilité, perclus d'angoisse, j'avance.

La sortie du tunnel est prévue dans 8 mois.

Il est...

Il est un printemps permanent, il fait fleurir ma vie :)

Il est là, je me sens bien. Il a besoin de me toucher, de sentir que je suis là aussi pour lui.

Il m'emmène en voyage, dans nos têtes, sur nos corps, dans nos nuits.

Il est là tout simplement..

Il est.

dimanche 26 juillet 2009

Il va falloir

Il va falloir oublier le bois qui craque, puis qui rompt.

Il va falloir oublier les larmes qui coulent.

Il va falloir oublier le départ, sur le trottoir.

Il va falloir oublier le goût de ses lèvres, l'odeur de sa peau, la chaleur de sa peau.

Il va falloir effacer ce jour noir.

Il va falloir penser à devant. Et non pas regarder derrière.

Il va falloir tourner la page.

Il va falloir renouer d'autres liens.

Il va falloir accepter qu'il touche d'autres mains, d'autres peaux.

Il va falloir réapprendre la solitude.

Il va falloir réapprendre à n'être qu'un. Seul.

mardi 21 juillet 2009

Stupeur et tremblement

La vie reste étrange.

Malgré l'interruption des messages pendant des mois, la vie a suivi son cours.

Et le goujat s'est transformé en gentil garçon, adorabe, tendre, drôle...
Je suis bien auprès de lui.
Il est le bateau, moi le capitaine. On avance ensemble dans le même sens. Si le bateau n'est pas capable de pénétrer des eaux, le capitaine n'y peut rien. Si le capitaine est en faiblesse, le bateau n'avance plus.

Les vacances arrivent, la fin de l'année scolaire, le parfum de la liberté.
Et un craquement. Enorme. Comme une fracture, une rupture.
Le chagrin, les mots qui pleuvent, l'aide d'amis et une nouvelle vie qui démarre pour elle.
La vie rejoint le lit de son fleuve tranquille, au soleil.
Plage, relaxation, détente.

Et à nouveau, le torrent fait entendre ses remous.

Il est mort.
Ca faisait quelques temps qu'on l'attendait, que la mort rôdait.
Elle s'est installée, dans sa chaire dans la maison, dans les esprits, dans les pensées.
Elle bouleverse peu, mais soulage.

Et puis mon père pleure. La douleur me transperce.
C'est dur de voir son papa dans le chagrin.

Il se reprend. Moi aussi.

Le fleuve se calme enfin.

mardi 30 juin 2009

Résurrection

Le plus dur est passé. L'année est finie et le blog a réouvert.

Re-bienvenue à tous dans mon cirque!

lundi 12 janvier 2009

Le carrefour

Evidemment, je suis flatté qu'on me lise, qu'on puisse me trouver du style ou je-ne-sais-quoi d'autre.
Sans aucun doute, ce sentiment est mêlé à la fausse pudeur de celui qui est lu sur la toile, qui oscille entre intimité et publicité.

Néanmoins, je me sens percé par le regard et surtout le jugement.
Vulnérable.

Le jugement. Celui des autres, ceux au croisement de deux mondes distincts, le mien et le monde où je travaille.
Où l'on comprend et où l'on lit ce qu'on veut.
Où la bonne morale vient vous signaler que le blog est "démasqué".
Où l'on vous dit gentiment qu'il faudrait enlever un ou deux détails, histoire de ne pas faire déplacé, qu'on se fonde dans la masse.

Et ce goût amer dans la bouche, cette sensation de paraître, d'artifice, de masquer ce que je suis, pour ma carrière, m'a-t-on dit...

Et pourtant, j'ai cédé.
Les pensées interagissent trop. Ma tête s'embrume.
Céder, c'est reculer.

Et ce sentiment d'être espionné. Qu'ils savent ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense.

Que faire?

Ne pas renier ce que je suis.
Les regarder droit dans les yeux.
Soutenir leurs regards approbateurs.
Être moi.